Roberto Alagna, dans La Traviata, Opéra de Paris 2018, un Alfredo parfait

Un Alfredo parfait

Unique représentation de La Traviata avec Roberto Alagna, le 26 octobre 2018, à l’Opéra de Paris.

 

 

C’était à un moment où il ne chantait pas.
Tout au début.
C’était même avant le Libiam’.


Il a eu un regard vers l’Olympia de Manet suspendue au dossier du lit de Violetta. Comment de respectables critiques d’art ont-ils pu sérieusement qualifier d’effrontée cette femme nue ? C’est un mystère aussi profond que celui des bâtisseurs des pyramides. Il existe peut-être ailleurs, une Olympia vivante, effrontée, joyeuse ou triste, celle du tableau c’est une morte au regard mort qui attend le client.


Il a levé les yeux vers elle un court instant.
Ses yeux disaient, tu es peut-être à tout le monde, tu ne seras qu’à moi , déjà tu n’es plus cette morte, tu vas ressusciter.
A cet instant, on est entrés avec lui dans la magie.
Comme chaque fois.

 

 

 

On savait que ce serait parfait. Que tout serait parfait son chant, son jeu, le libiam’, la caballette, les duos, tout. Son Alfredo venait nous donner sa jeunesse. Ceux qui l’étaient, jeunes, dans la salle, à la fin pleuraient avec lui autant que ceux qui avaient cessé depuis longtemps de l’être. Et ceux-là, qui se réjouissent de tout ce qu’il fait depuis, découvraient en sortant qu’ils avaient attendu plus de vingt ans que Roberto Alagna leur donne à nouveau « son » Alfredo.

 

 

© texte et photos Jacqueline Dauxois

 

2 réflexions sur “Roberto Alagna, dans La Traviata, Opéra de Paris 2018, un Alfredo parfait

  1. tellement longtemps que nous l’attendions cet Alfredo , nous ne l’espérions plus, mais voilà il a eu lieu, et l’émotion, la profondeur du jeu et du chant sont là et bien là. Un grand merci pour cette magnifique soirée ou tout , vraiment tout , des décors , costumes et prestation du cast était parfait et magique

  2. Enfin une Traviata telle qu’on l’avait imaginée ,espérée .Oui nous avons pleuré ,oui nous avons attendu longtemps pour dire aux interprètes combien ils nous avaient émus . Et quel bonheur de voir Aksandra et Roberto passer avec nous ce moment de communion « affectueuse ».

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