Biographie en images

 

 

Biographie en cours d’écriture

 

Jacqueline Dauxois a publié plus de trente romans, biographies et documents dont certains ont été traduits ou adaptés. Parallèlement à des études universitaires, elle a été journaliste, littérature et culture, entre autre au Magazine littéraire et aux Cahiers du cinéma.

A Marseille, septembre 2017

Ma biographie, ce sont mes livres, ils sont moi et je suis eux. C’est après avoir publié l’un d’eux : « Quatre Saisons avec Roberto Alagna », que j’ai commencé un site.

 

Une signature, octobre 2017.

 

 

 

 

 

 

 

Printemps  2017, pendant la promotion des « Quatre Saisons avec Roberto Alagna ».  

 

 

 

 

Ci-contre,   une de mes photos d’Otello servait de fond de décor à l’émission.

 

 

Ci-dessus, quelques salons du livre, automne 2017.

 

 

Ma biographie, ce sont mes livres, ils sont moi et je suis eux.

 

Premiers pas à Paris…

Je n’ai jamais voulu qu’écrire, rien d’autre. Il fallait faire des études. J’en ai fait. A l’époque, on pouvait s’inscrire à trois facs à la fois sans jamais y mettre les pieds. Je ne m’en suis pas privée. A vingt ans, j’écrivais déjà depuis longtemps. Des poèmes, des nouvelles, un roman, deux, trois, quatre…

Des diplômes universitaires. Le premier, sur Cocteau, la création du sortilège dans les textes et au cinéma. J’aurais continué, mais l’héritier, devant une malle remplie de manuscrits, m’a dit qu’il les gardait pour lui.

Une thèse sur Vercors. L’homme dont la tête avait été mise à prix lors de la publication clandestine, aux Éditions de minuit qu’il venait de créer, de son premier roman : »Le Silence de la mer ». Le livre, en pleine guerre, avait été parachuté sur Londres. La question du manuscrit était réglée, il l’avait détruit. Melville en avait tiré un film. Vercors m’a donné le manuscrit du scénario annoté.

Déjà, j’avais dans une main un stylo (pas d’ordis à l’époque), et, dans l’autre, un appareil de photo. Je l’ai photographié pendant un des séjours chez lui.

Il m’a donné une photo, ci-dessous, où il est devant la maison du Silence de la Mer.

 

 

 

 

 

 

 

Mais, quand je l’ai connu,  il en avait une autre, un moulin, à Faremoutiers.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur les marches d’une cathédrale, il essaie de réparer mon appareil de photo en profitant des conseils de sa seconde femme.

 

 

 

 

 

J’ai soutenu ma thèse,  mention très bien et félicitations du jury parce qu’il s’était déplacé pour la soutenance.

Je me suis déplacée aussi lorsqu’une étudiante italienne en a soutenu une, à l’Université de Gênes, sur mon deuxième roman, Rocaïdour.

Ci-dessous, l’Université de Gênes, à la sortie de l’épreuve. Je suis la troisième à partir de la droite. A ma droite, Marina Donati, qui vient de réussir brillamment sa soutenance su mon deuxième roman, Rocaïdour.

 

 

 

 

 

 

 

Sur la photo ci-dessous, à Paris dans l’appartement de Vercors, rue du Cardinal-Lemoine. Cinquième sans ascenseur. Il a passé la Seine pour s’installer dans l’île, un rez-de-chaussée. On a posé une plaque pour lui sur la passerelle des Arts.

J’aimais bien écrire un diplôme, un autre, une thèse, c’étaient des découvertes, mais ce qui me passionnait, c’était l’autre écriture : des poèmes, publiés à seize ans, des nouvelles dans la revue Europe, et mon premier roman, Le Gardien de la mémoire,  chez Julliard.

Entre le mémoire sur Cocteau et la thèse sur Vercors, pour une autre soutenance, j’ai écrit sur la reine Jeanne, le roi René, Naples, le royaume des Deux-Siciles. L’Italie, depuis que j’y avais mis pieds pour la première fois, à 5 ans, c’était ma terre d’élection, mon inusable passion. Il faut que je retrouve, pour les insérer ici, les documents avec lesquels j’avais illustré ce travail. En tout cas, je le jure, chaque fois que je suis allée au San Carlo, le monsieur qui occupait le  fauteuil à côté de moi, s’appelait Arrigo Beyle. Il signait ses livres Stendhal

J’étais aussi assistant metteur en scène de Jean Mercure, directeur du théâtre de la Ville. Je travaillais sur Isabelle, trois Caravelles et un charlatan de Dario Fo. Isa Mercure préparait Ces Dames aux chapeaux verts. En fin de semaine, Jean Mercure partait à la pêche sur les bords de la Loire. Nous restions près de l’eau. Sa femme, la comédienne Jandeline, préparait les poissons, énormes, succulents qu’il ramenait à la maison.

 

 

 

 

 

 

Avec Isa Mercure (Isa à gauche de la photo)

 

 

 

 

 

Dans la loge d’Isa Mercure, au Théâtre de la Ville (Isa à droite, moi à gauche) :

Pour Isabelle, Trois Caravelles et un charlatan, Nous avons passé  le temps des répétitions et celui du Festival d’Avignon dans dans une grande maison louée par Jean à Villeneuve-les-Avignon. Nous abattions un travail fou, heureux comme des rois.

 

… après Paris, partout ailleurs

Avec Henry Miller, nous nous écrivions.

C’est incroyable, j’en étais à mon deuxième roman, il était le géant de la littérature américaine et nous nous écrivions. C’est à moi qu’il a donné son dernier entretien, l’un de mes premiers. Le Washington Post voulait le publier, mais Miller m’avait parlé en français. Ils ont reculé à l’idée de traduire leur Miller en américain.

Chez Miller, à Pacific Palisades, sa dernière maison.

Il m’a donné ces deux photos de lui :

 

 

 

 

 

Je n’en ai fait aucune. Cela m’aurait paru indécent.

En France, ils ont titré mes entretiens avec lui : « Mélancolie Miller », joli, sauf qu’il était tout sauf mélancolique.

Nous nous écrivions, à l’encre et à la main. Je lui avais dit que je reviendrais, aux prochaines vacances. J’ai su qu’il allait mourir quand j’ai reçu une lettre, sur son papier, tapée à la machine par son secrétaire.

De l’autre côté de l’Amérique

D’abord, la Pologne pour un reportage  sur la littérature et le cinéma au Magazine littéraire et aux Cahiers du cinéma, et puis, plus tard, la Russie, la route de la soie. Jamais de tours organisés, toujours des livres dans la tête. J’avais la frousse en voyageant toute seule dans ces pays. En débarquant à l’aéroport de Varsovie j’imaginais que Daniel Oblryschi ait dérapé sur du verglas en venant me chercher et qu’il ne serait pas là. Il y était. Il m’attendait. Quand j’ai vu sa casquette, j’ai fait un bond de joie. Nous allions passer ensemble le réveillon. Sa femme m’avait dit d’apporter de qui s’habiller pour le réveillon. Ça a été le plus magnifique. On a mangé, on a bu, moi j’ai fait semblant, la vodka maison c’était du feu, galopé dans la neige en robe du soir, fourrure et talons aiguilles, les hommes avaient tellement avalé de vodka que l’un deux confondait la la tête et la queue du cheval, ils s’y sont mis à trois pour le faire grimper, une fois en selle, il chargeait les reflets de la lune. Après, quand j’en invitais deux rue des Abbesses, ils débarquaient à quinze, jamais les rallonges de la table n’ont servi comme à cette époque. La première fois, j’avais été surprise, mais on s’était débrouillé pour manger tous. Les voisins m’ont dit qu’on avait fait du bruit. C’est pour ça que lorsque venaient des musiciens, c’était l’été sur la terrasse devant la mer, les suites de Bach pour violoncelle seul ne dérangeaient personne. A Paris, juste une fois, il y a eu une soirée épinette. Montmartre à l’époque, c’était vraiment la Bohème, crasseux, prostituées et travelos plein la rue, des cabarets  d’où sortaient des rixes et Miller : »Il existe toujours ce petit café en bas de chez vous où je venais me souler la gueule ? » Ah, Millier, maintenant, restaurants à touristes l’un sur l’autre et Kooples et Gudule et Clark’s etc, comme partout sur la planète.

Ci-dessous les cahiers du cinéma, mars 1980, à droite Wajda (photo d’archive).

Ci-dessus, mes photos de Daniel Olbrychky, à gauche à Versailles, à droite, chez lui en Pologne.

Ci-dessous, deux de mes planches contact. C’était l’époque de l’argentique.

On s’amusait, c’est certain. N’empêche, on travaillait. Daniel Olbryschi parlait déjà cinq ou six langues et il apprenait encore une pour se doubler lui-même dans Le Tambour, je montais un festival du cinéma polonais en Bretagne pour l’été, j’écrivais, des articles, des livres. L’année Olbychski c’est celle de mon deuxième roman, Les Blanches années, je viens de regarder, j’avais oublié. Et je faisais aussi de la photo pour illustrer mes articles. Les journaux étaient bien contents. Je les donnais pour rien pour échapper aux clichés d’archives. Quand je les ai données à Sigma dans l’illusoire espoir que je serais payée, pas du tout, j’en ai vu dans le Fig Mag, des clichés uniques de Volkoff à Macon, Georgia, pour lesquelles personne ne m’a jamais donné un  sou. Autant les garder.

Je ne sais pas si je regrette ce temps, un peu certainement. Les voyages c’était l’aventure, les rencontres c’était l’amitié. On avait les cœurs ouverts, les maisons aussi. J’aimais ça. C’était la jeunesse. Sur l’autre versant de la vie, sauf si on est une vedette, on est seul, non plus fêté dans le travail mais toléré tout juste.