Pâques, la Résurrection !

L’icône de la Résurrection représente le Christ ressuscité qui arrache Éve et Adam de leurs tombeaux pour les conduire avec lui auprès du Père.

Les Quatre Évangélistes racontent la Résurrection du matin de Pâques.
Voici le texte de saint Jean :

Le dimanche, Marie de Magdala se rendit au tombeau de bon matin, alors qu’il faisait encore sombre, et elle vit que la pierre avait été enlevée du tombeau.
Elle courut trouver Simon Pierre et l’autre disciple que Jésus aimait et leur dit : «Ils ont enlevé le Seigneur du tombeau et nous ne savons pas où ils l’ont mis.»
Pierre et l’autre disciple sortirent donc et allèrent au tombeau.
Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau.
Il se pencha et vit les bandelettes posées par terre, cependant il n’entra pas.
Simon Pierre, qui le suivait, arriva et entra dans le tombeau. Il vit les bandelettes posées par terre ; le linge qu’on avait mis sur la tête de Jésus n’était pas avec les bandes, mais enroulé dans un endroit à part.
Alors l’autre disciple, qui était arrivé le premier au tombeau, entra aussi, il vit et il crut. En effet, ils n’avaient pas encore compris que, d’après l’Écriture, Jésus devait ressusciter.
Ensuite les disciples repartirent chez eux.
Cependant, Marie se tenait dehors près du tombeau et pleurait. Tout en pleurant, elle se pencha pour regarder dans le tombeau, et elle vit deux anges habillés de blanc assis à la place où avait été couché le corps de Jésus, l’un à la tête et l’autre aux pieds.
Ils lui dirent: «Femme, pourquoi pleures-tu?»
Elle leur répondit: «Parce qu’ils ont enlevé mon Seigneur et je ne sais pas où ils l’ont mis.» En disant cela, elle se retourna et vit Jésus debout, mais elle ne savait pas que c’était lui.
Jésus lui dit: «Femme, pourquoi pleures-tu? Qui cherches-tu?»
Pensant que c’était le jardinier, elle lui dit: «Seigneur, si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis et j’irai le prendre.»
Jésus lui dit: «Marie!» Elle se retourna et lui dit en hébreu: «Rabbouni!», c’est-à-dire maître.
Jésus lui dit: «Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers mon Père, mais va trouver mes frères et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu.»
Marie de Magdala alla annoncer aux disciples qu’elle avait vu le Seigneur et qu’il lui avait dit cela.

Jean 20; 1,18.

Ci-dessus : Fra Angelico, Noli me tangere, fresque de San Marco (Florence), détail.

Noli me tangere, ne me retiens pas

Extraits d’un chapitre de Marie Madeleine (Pygmalion, 1998)
Un matin d’avril.
Marie-Madeleine se rend au sépulcre alors que les ténèbres ne sont pas encore dissipées. Elle veut arriver avant le lever du soleil, avant que ne commence le troisième jour. Les disciples se sont enfermés ; ils pleurent et se lamentent. Marie ne pleure pas. Elle est dans l’impatience de la Résurrection.

     En approchant, elle s’aperçoit que la pierre, qui fermait le tombeau, a été enlevée. Elle regarde à l’intérieur. Le sépulcre est vide. Si Jésus n’est pas là, si son corps n’est pas là, il ne peut pas ressusciter ; en tout cas pas ici, pas devant elle. Il ne peut pas ressusciter hors de son corps.

     Elle fait demi-tour, court prévenir les disciples, trouve Pierre avec Jean et dit :
– Ils ont enlevé du sépulcre le Seigneur et nous ne savons pas où ils l’ont mis (20, 2).
Ils se précipitent tous les trois. Jean, arrive le premier. Par respect pour l’aîné, il attend Pierre au bord du caveau, au bord de la révélation.

     « Simon Pierre, qui le suivait, arriva et entra dans le sépulcre ; il vit les bandes qui étaient à terre, et le linge qu’on avait mis sur la tête de Jésus, non pas avec les bandes, mais dans un lieu à part « ( 20, 6-7).

     Jean entre à son tour «… et il vit et il crut .»
Il leur faudra du temps pour comprendre la signification de ce qu’ils voient : des linges affaissés qui ont encore la forme du corps qu’ils enveloppaient, qui ne sont pas dérangés, mais vides.
Dvant la preuve matérielle de la Résurrection, « ils ne comprenaient pas encore que, selon l’Écriture, Jésus devait ressusciter des morts. Et les disciples s’en retournèrent chez eux. » (20, 9-10)

     Ils s’en vont, Marie-Madeleine reste. Elle pleure parce qu’on a volé le corps de Jésus. Elle regarde encore dans cette bouche de la mort. Sans entrer, elle s’approche « … et elle vit deux anges vêtus de blanc, assis à la place où avait été couché le corps de Jésus, l’un à la tête, l’autre aux pieds. Ils lui dirent :
– Femme, pourquoi pleures-tu ?
Elle leur répondit :
– Parce qu’ils ont enlevé mon Seigneur, et je ne sais où ils l’ont mis (12-13). Elle n’attend pas la réponse des anges.
 » En disant cela, elle se retourna, et elle vit Jésus debout; mais elle ne savait pas que c’était Jésus » (14).

     Elle ne le sait pas, elle n’a aucune des expériences faites par certains disciples : Elle n’était pas sur le lac de Tibériade lorsque Jésus marchait sur les eaux et n’a pas assisté à la Transfiguration.

     Elle ne dit rien, c’est Lui qui parle. Il répète la question des anges.
– Femme, pourquoi pleures-tu ? (15).
Sans lui laisser le temps de répondre, Il en pose une autre :
– Qui cherches-tu ?
Elle, pensant que c’était le jardinier, lui dit :
– Seigneur, si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis, et je le prendrai (15).

     Croit-elle vraiment qu’elle s’adresse au jardinier ? Appelle-t-on « Seigneur », le jardinier ? Elle ne sait pas, elle ne reconnaît pas encore Jésus, mais elle a des soupçons : « Si c’est toi qui l’as emporté », comme on emporte un trésor, « …je le prendrai ». Elle ne se demande pas comment elle le « prendra », ni de quelle manière elle transportera ce corps beaucoup trop lourd pour elle qu’elle veut remettre à sa place, dans son caveau, pour attendre près de lui qu’il ressuscite d’entre les morts. Sa foi est si forte qu’elle n’a peur de rien, ni de se trouver, seule, dans ce lieu impur ni de cet inconnu qui peut-être a volé celui qu’elle veut voir ressusciter. Alors, avec sa bouche d’homme revenu des Enfers, avec sa bouche de Dieu ayant vaincu la mort, il prononce son premier mot de ressuscité, son nom :
– Myriam ! Marie !
Elle, qui déjà s’éloignait pour poursuivre sa quête, se retourne et se jette à ses pieds :
– Rabouni !
Prosternée, ployée dans les voiles qui recouvrent ses cheveux, les mains tendues, elle lui embrasse les pieds. Elle a retrouvé sa place, elle va y rester pendant l’éternité puisqu’il est revenu !

     Il a suffi d’un mot pour qu’elle le reconnaisse.

     Et d’un mot, elle lui a répondu : Rabouni ! Ce mot qu’à employé un aveugle qui demandait sa guérison (Marc 10, 51). Comme il a ouvert les yeux de l’aveugle, le Christ ouvre ceux de Marie. Il est devant elle, non tel qu’il était, mais tel qu’il est désormais, dans le mystère de sa divinité. Il a alors cette parole extraordinaire, le Dieu Créateur demande la consentement de la créature :
-Ne me retiens pas !

Il  n’a aucun besoin d’attendre la réponse. L’ange de l’Annonciation avait besoin du « Fiat » de Marie : « Que cela soit ! ». Le Ressuscité n’a pas besoin de celui de Madeleine. Par son consentement, c’est toute la nature humaine qui participe à la montée vers le Père du Fils ressuscité.

Une réflexion sur “Pâques, la Résurrection !

  1. Difficile quand on est agnostique de faire un commentaire sur le fond . Mais je dirai que ce texte est bien beau

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