Avec le baryton Richard Rittelmann, premier concert vivant après cinq mois d’enfermement

C’est le château Diter. Pour soutenir les artistes pendant cette époque sinistre, les propriétaires l’ont mis à la disposition du baryton Richard Rittelmann qui a employé, non son talent de chanteur et sa générosité à la réussite d’un concert qui devrait marquer la fin de l’enfermement et les retrouvailles, en chair et en os, des chanteurs avec leur public.


Ci-dessus : Richard Rittelmann.


Richard Rittelmann a rassemblé autour de lui six de ses camarades : Nora Amsellem, soprano ; Kassandra Dimopoulou, mezzo ; Avi Klemberg, ténor ; Thomas Morris, ténor ; Béatrice Fontaine, soprano, et Leatitia Goepfert, mezzo, pour le concert du le 16 juillet 2020. Avec la même inlassable générosité, ce grand baryton a conduit lui-même ses camarades, ses amis et les amis de ses amis pour partager ce soir une joie dont ces cinq mois nous ont privés et nous rendre cet enthousiasme sans lequel la vie n’est rien qu’une ombre de la vie.

Depuis cinq mois, les chanteurs n’avaient pu chanter en public et le public s’était gavé de retransmissions. Les séquelles étaient visibles : chaises au garde-à-vous espacées à la distance réglementaire. Personne ne les a déplacées.

Le programme éclectique était fait pour le réveil d’un sommeil forcé et faire jaillir les étincelles du chant dans sa diversité, en passant de l’humour à la tendresse et de la tragédie à la gaieté.

Ci-dessus : Laetitia Goepfert, Avi Klemberg, Kassandra Dimopoulou, Nora Amsellem, Thomas Morris, Béatrice Fontaine, Philip Modinos et Richard Rittelmann.

En première partie :

  • 4 chansons pour enfants de Poulenc (Tomas Morris),
  • O mio babbino caro, Puccini, extrait de Gianni Schicchi  (Béatrice Fontaine),
  • Casta Diva, Bellini, extrait de Norma (Norah Amsellem),
  • Duo, Rossini, Le Barbier de Séville (Richard Rittelman et Avi Klemberg),

Trois airs de Carmen (Bizet) :

  • L’Habanera (Kassandra Dimopoulou),
  • La Seguedille (Laetitia Goepfert et Avi Klemberg),
  • L’air d’Escamillo (Richard Rittelman, avec tutti),

Des Contes d’Hoffmann, d’Offenbach :

  • l’air du Brésilien ((Tomas Morris),
  • l’air de Kleinzach (Avi Klemberg),

De Rigoletto, de Verdi :

  • La donna è mobile (Philip Modinos),
  • Bella figlia dell’amore (Norah Amsellem, Kassandra Dimopoulou, Philip Modinos, Richard Rittelman).

Ci-dessus : Richard Rittelmann.

En seconde partie :

  • La Wally, Alfredo Catalani (Norah Amsellem),
  • Au fond du temple saint, Bizet, Les pêcheurs de Perles (Philip Modinos et Richard Rittelman),
  • O soave fanciulla, Puccini, La Bohême (Norah Amsellem et Avi Klemberg),
  • Duo les Chats, Rossini, (Laetitia Goepfert et Tomas Morris),
  • La Barcarole d’Offenbach (Norah Amsellem, Béatrice Fontaine, Laetitia Goepfert, Kassandra Dimopoulou),
  • Le Brindisi de la Traviata, par tous les chanteurs,
  • Ce bal est original, Offenbach, Orphée aux enfers, chanté par tous.

Ils n’ont pas oublié O sole mio qui a  pris une couleur particulière, car c’était bien le soleil d’après l’enfermement que nous attendions tous.

Inspirés par Richard Rittelmann, chacun brillait dans ses airs et tous ensemble, accompagnés par le piano de Valeriya Kucherenko, faisaient crépiter dans le soir qui tombait, la nuit qui s’installait, l’ enthousiasme de la voix humaine enfin retrouvée. Chanteurs et public affamés de musique partagée et de se retrouver, le lien s’est établi d’emblée, chaleureux, spontané, jusque dans la frivolité. La tenue correcte était exigée. Sauf, comme souvent, un ou deux hommes vêtus n’importe comment, c’étaient les robes des grands soirs. Sobres ou pailletées, très longues ou très courtes, découvrant haut des jambes ravissantes ou un peu moins jolies, chaussées de hauts talons ou d’énormes semelles lacées sur le cou de pied. Des chanteuses se changeaient entre leurs airs et toutes ensemble, l’harmonie de leurs tenues, formes et couleurs, s’accordaient, donnant à leurs voix un habillage de rêve.

Richard Rittelmann a eu la générosité de concevoir cette soirée non pour célébrer la beauté de sa propre voix, mais pour partager avec ses camarades, on aurait aimé l’entendre davantage, mais personne ne lui en fera le reproche et c’est tous ensemble, ses amis avec lui, qu’ils ont séduit et charmé un public qui leur criait son admiration pour leur courage à eux, qui, tous, avaient eu leurs concerts et leurs opéras annulés du jour au lendemain, sans cachet, et qui revenaient annoncer la lumière au fond de l’interminable tunnel covid.

Ci-dessus : Jacqueline Dauxois au château Diter.

© Jacqueline Dauxois

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