RENCONTRE AVEC LE BARYTON RICHARD RITTELMANN

2020, l’Opéra équestre.

Le 11 juillet 2020, alors que les mesures destinées à circonscrire la covid-19 assassinaient la culture, fermaient jardins, librairies, disquaires, musées, cinémas, théâtres et Opéras comme non essentiels, nous traitant tous, non en personnes, mais en tubes digestifs, alors que depuis des mois, on n’entendait plus que de la musique en conserve, que même le Sud, avec ses Carnavals brutalement interrompus, était lugubre, le baryton Richard Rittelmann, dans un château, près de Grasse, a donné un concert en chair et en os. C’était le premier que j’entendais depuis 5 mois.

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De Jupiter à Wagner, les métamorphoses du cygne

LÉDA ET LE CYGNE

Elle est païenne et vieille de quelques millénaires, la première image d’un cygne qui a marqué l’imaginaire collectif. C’est celle du Zeus grec, devenu le Jupiter romain, mari volage qui séduisait des vierges par des tours de magie. Il n’avait pas de préjugés et à l’occasion, changé en aigle géant, il enleva aussi un berger adolescent, Ganymède. Mais sa préférence allait aux tendres jeunes filles qu’il violait utilisant des métamorphoses inaccessibles au plus retors des sorciers. Trois d’entre elles ont inspiré des peintres parmi les plus grands,- ce qui a perpétué leur souvenir à travers les siècles.
Jupiter enleva d’abord la nymphe Europe. Ayant pris l’apparence d’un taureau doux et docile, il l’emporta à travers les mers et l’engrossa de celui qui devint le roi Minos. Commémorant cette agression, le platane, depuis, en oublie de perdre sa ramure.
La deuxième, Danaé, princesse d’Argos, gisait au fond d’une prison où l’avait enfermée son père à la suite d’une de ces prédictions dont se délecta l’Antiquité annonçant que le fils de sa fille le supplanterait sur le trône. Pour approcher l’inapprochable, Jupiter se changea en pluie d’or. Persée naquit de cet accouplement plus fantastique encore que le précédent.

Rubens, Léda et le cygne.


Enfin, ce fut Léda, fille d’un roi de l’Étolie que le dieu des dieux païens approcha changé en cygne. On ignore si Danaé accoucha d’une bourse géante qui contenait Persée, mais on sait que Léda pondit un œuf d’où sortirent les jumeaux Castor et Pollux.

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SI ON LISAIT : « NICE-VILLE » DE PATRICK BESSON

Lorsque l’auteur de « La Boum» publie « Nice-Ville », il nous convie à une promenade dans une ville qui lui est familière, feuillette pour nous un album de cartes-postales anciennes qu’on regarde avec nostalgie, nous fait rencontrer une galerie de personnages, illustres ou inconnus, passés et actuels. Si par-dessus son épaule, il nous permet de lire des articles parus dans divers journaux, il partage aussi ses découvertes gastronomiques et touristiques le long d’un parcours tendre et amoureux, divers et multiple, qui culmine dans le prénom aimé, celui de l’écrivain qui est sa femme, Anne-Sophie, la mère de Yannis : « Nous sommes allés si souvent seuls à Nice sans nous connaître que marcher ensemble aujourd’hui dans la ville nous semble un miracle doux et silencieux ».

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Le premier, pour le moment l’unique, Lohengrin d’Alagna

DU FATRAS À L’ALLÉGORIE

13 décembre 2020, Staatsoper den Linden, Berlin.

Il semblait seul, Roberto Alagna, hier soir, pour une unique représentation – sauvée de l’annulation par la retransmission télé -, mais jouée devant une salle vide, tous les spectacles à suivre ayant été annulés.

Unique avantage du covid, l’obligation de se tenir à distance les uns des autres. Privé de tout contact avec ses partenaires, y compris pendant le duo d’amour, entièrement isolé de ses camardes, tout seul, Alagna a sauvé son personnage. Il a chanté la pureté, l’idéal et l’amour. On ne voyait que lui, l’élégance de ses gestes, sa présence romantique envoûtante, on n’entendait que le déployé lumineux d’une voix ensorcelante de tendresse et de volupté, dont l’articulation suprêmement belle ferait croire qu’on comprend l’allemand et que les soleils qui étincellent dans son chant rendent le germanique aussi délectable à l’oreille que le français et l’italien. Sans jamais dévier de la ligne qu’il s’est donnée une fois pour toutes, il a imposé son Lohengrin, nous permettant, derrière nos écrans, de retrouver à travers lui, le légendaire héros wagnérien qu’il incarnait hier pour la première fois.

© Jacqueline Dauxois

A suivre analyse du livret

Voir aussi mon Facebook et sur le site :

https://www.jacquelinedauxois.fr/2020/12/21/le-lohengrin-transfigure-de-roberto-alagna—acte-1/(ouvre un nouvel onglet)

Avec Roberto Alagna, « A Riveder le Stelle », ouverture de La Scala, le 7 décembre 2020

En cette année covid-2020, sinistre pour les arts, la Scala n’a pas renoncé à sa traditonnelle ouverture du 7 décembre. Elle a offert un spectacle sans public d’une exceptionnelle beauté. Davide Livermore y avait mis son génie de la mise en scène, son imagination, sa culture, son amour pour les chanteurs et son goût de la perfection. Il a réussi un pari qui semble impossible impossible : un spectacle complet qui réunissait les plus grands chanteurs, les meilleurs danseurs, des textes littéraires (dont un extrait de« Phèdre »), des entretiens, mené avec brio, où le rythme pas un instant ne faiblit. 

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Entretien avec Jacqueline Dauxois par Nicolas Saudray sur « Le Mémorial des Anges oubliés »

                                                                                          24 septembre 2020

Nous avons la chance d’avoir été épargnés par la Troisième Guerre mondiale qu’on nous prédisait. Mais nous souffrons d’un mal plus insidieux, le terrorisme. Et ce n’est pas demain qu’il lâchera prise. Jacqueline Dauxois a voulu savoir, en tant que romancière du presque vrai, ce qui se passe dans les têtes des terroristes. Et elle a situé ce livre sur la Côte d’Azur, d’où un contraste encore plus dur qu’ailleurs entre la beauté de la nature (malgré le béton) et l’horreur des événements. Nous passons brusquement du parfum des orangers et des citronniers à des scènes de viol et de meurtre. Âmes trop sensibles, s’abstenir ! Esprits curieux de notre époque, à vos marques !

NS – Votre roman était presque prêt, dans sa première version, en 2010. Pourquoi avoir différé sa parution de dix ans ?

JD – Imaginez que mon roman ait donné l’idée aux terroristes de faire sauter le carnaval de Nice, croyez-vous que j’aurais pu me le pardonner ? Mais le 14 juillet 2016, un attentat a tué 86 personnes dont 13 enfants et fait quatre cents blessés sur la Promenade des Anglais. Le massacre que j’avais imaginé ne pouvait plus inspirer les djihadistes, puisqu’ils l’avaient perpétré – presque le même que celui que j’avais inventé, exactement au même endroit. Je pouvais donc publier mon livre, mais il ne raconterait pas seulement l’histoire d’un attentat qui échoue. Je veux dénoncer les racines de l’horreur. Comment en est-on arrivés là ? Pourquoi a-t-on permis au monstrueux de se développer en toute impunité ?  Massimo, le jardinier, l’infirme, le vrai héros de cette histoire, dit que nous sommes tous complices, tous coupables. Et si c’était vrai ? Que sait-on d’une adolescente à la dérive résolue à se changer en bombe vivante  au milieu d’une foule innocente ? Comment un garçon, complètement indifférent à la religion, peut-il être radicalisé en prison ? Qu’est-ce que c’est, les stages où on forme à tuer ? J’ai repris mon sujet, récrit le livre et changé le titre, ce n’est plus « L’amour terroriste », mais « Le Mémorial des Anges oubliés ».

NS – Les procès de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher ont donné, sans que vous l’ayez cherché, une nouvelle actualité à votre roman. En vous lisant, j’ai eu le sentiment que votre Laura n’était en rien exceptionnelle, et qu’il y a en a eu beaucoup sur le même modèle – sauf qu’aucun écrivain, avant vous, n’a eu l’audace de décrire leurs états d’âme. Partagez-vous cette analyse ? 

JD – Combien de Laura sont parties pour la Syrie, certaines avec leurs enfants ? Si elles ne sont pas toutes des criminelles, toutes sont complices d’attentats meurtriers. Hannah Arendt l’a dit, nous sommes dans la banalité du mal. Laura a été élevée dans un simulacre de catholicisme dont la mollesse ne peut inspirer aucun élan à une adolescente qui a besoin d’absolu. Mais sa tante paternelle a épousé un prince russe croyant. Alors, si Laura s’instruit sur l’islam, elle n’est pas totalement ignorante du christianisme.   

NS – L’orthodoxie est donc un meilleur antidote à l’islam extrême que le catholicisme ?

JD – C’est à espérer. Les orthodoxes ne renoncent pas facilement. Ils ont survécu à soixante-dix ans d’un massacre sans précédent qui les a exterminés par millions. Il existe donc dans le christianisme le levain qui devrait susciter une force spirituelle capable de se dresser devant le terrorisme. Laura reconnaît cette force, mais elle l’a découverte trop tard, lorsqu’elle était déjà engagée dans un engrenage dont elle ne pouvait s’échapper. En la cachant dans un monastère orthodoxe pour la soustraire à la justice, sa tante Rosebel lui donne une chance de salut.

 NS- N’y a-t-il pas, dans ce genre de mésaventures, une responsabilité partagée entre les djihadistes et les familles de bobos ?   

JD – Je vois les choses sous un autre angle : d’un côté les tueurs, de l’autre les impuissants. Les tueurs prétendent massacrer au nom d’un idéal. Les impuissants, qui n’ont plus d’idéal, incarnent la médiocrité d’une société de consommation  qui ne se soucie que du ventre et du sexe et qui fait horreur à Laura. Sa mère est partie à New York vivre un nouvel amour. Son père prostitue son art dans le portrait mondain. Elle préfère mourir que vivre comme eux.  Ce n’est pas seulement l’échec des petits bourgeois, c’est celui d’une civilisation qui perd ses repères. Que peut-on offrir à ces enfants affamés d’absolu? Laura aurait fait sauter le carnaval, symbole d’une vulgarité qui la dégoûte, d’autant qu’elle en ignore les origines – qui les connaît aujourd’hui ? – mais je ne suis pas sûre qu’on l’aurait persuadée de se faire exploser un 14 juillet. Rien d’étonnant à ce qu’elle soit tombée dans les griffes du premier garçon qui lui a tenu un langage nouveau.

NS –  Et du côté musulman, quels sont les coupables ? L’islam lui-même ? Ou ses mauvais serviteurs ?   

JD – Le Coran, hélas, contient des sourates qui semblent exalter la haine. Des criminels les utilisent pour justifier le mal qu’ils font en ignorant toutes les sourates qui disent l’inverse.   

NS – Parmi les mauvais musulmans que vous décrivez, deux sont de véritables démons : Yazid, commandant du réseau Tamise et le petit chef Ahmed. En revanche, Rachid alias Richard, séducteur de Laura, malgré tous ses défauts, malgré sa violence, ne m’a pas paru tel.

JD – Rachid est un faible, un prétentieux qui se laisse manipuler, mépriser, maltraiter. Mais Ahmed aussi est manipulé, bien que ce soit à un autre niveau. Ils sont tous dans un engrenage où ils n’ont plus le choix de rien. Je déteste Rachid, peut-être justement parce qu’il n’est pas un vrai démon, mais un larbin de démons. Tout est mesquin en lui. J’en étais malade qu’il ait violé Laura. Mais j’avais besoin de la naissance de l’enfant du rachat pour finir mon livre.

Nice, la nuit du 14 juillet 2016 à gauche ; à droite, la foule se recueille sur lieu de la tragédie couvert de fleurs et de drapeaux.

NS – Passons des démons aux créatures célestes. Qui sont-ils, ces anges oubliés dont vous avez écrit le mémorial ? Quelle est la part de la grâce dans ce roman hanté ?

JD – Vous voulez savoir qui sont les intercesseurs ? La tante de Laura, a un peu joué ce rôle, bien qu’elle ait imposé dix ans d’omertà à ses proches après l’attentat manqué de sa nièce et que  ses motivations comportent des, zones d’ombre. En cachant Laura, elle la sauve et, en même temps, elle se débarrasse d’elle. Le véritable ange oublié, c’est Massimo. Parce qu’il n’est rien, si humble, tour à tour jardinier, maçon, pâtissier, choriste, ténor de terrasse de café, dragueur de filles, un ange peut s’incarner en lui – et c’est l’ange en lui qui se jette sous les roues du camion terroriste à la place d’un gamin. Lorsque Rosebel comprend, elle décide de tout quitter et de partir à sa recherche dans les Pouilles au milieu des trulli (ces petites maisons de pierres à toit conique) pour aider l’enfant à pousser le fauteuil d’infirme.

NS – Vous avez choisi, pour la grandiose explosion programmée par les terroristes, le carnaval de Nice. Votre description m’a fait penser à l’ « Enterrement de la Sardine » de Goya, ou aux danses macabres modernes de James Ensor. Acceptez-vous cette parenté ?

JD – On ne refuse pas une parenté avec le génie. Goya et James Ensor exorcisent leur peurs dans la peinture, des écrivains le font dans des livres. Ce sont des exorcismes qui dénoncent ce qui se passe sous nos yeux avec le sentiment que nous sommes exclus de l’action. Ces œuvres sont des témoins.  Si « L’Enterrement de la Sardine » représente le carnaval à Madrid, toute l’œuvre de James Ensor est carnaval, la gaieté des couleurs n’empêchant pas les visages de grimacer ni les têtes de mort d’apparaître au milieu de la liesse.

Goya, » l’Enterrement de la Sardine. »

James Ensor, « Ensor et les masques ».

James Ensor, « L’Intrigue ».

NS – Vous auriez pu conclure votre roman par une apocalypse : l’explosion renversant les chars, tuant des centaines de personnes…

JD – J’ai préféré l’espoir. Au dernier moment, Laura renonce à se faire exploser pour sauver une enfant. Elle passera le reste de ses jours dans un couvent à la recherche d’une autre vie.

NS- Laura fera-t-elle une bonne religieuse ?  

JD – Il faudrait le lui demander. Elle a été brûlée de l’intérieur. Pour elle, le monde extérieur a cessé d’exister. Elle va se jeter à la rencontre de Dieu. Comme on saute du sommet d’une falaise.

NS – Il faudrait que tous les jeunes qui ont des états d’âme, filles ou garçons, lisent votre roman. Ainsi que leurs parents.  

 JD – Lorsque j’ai publié la « Grande Pâque russe » (Le Rocher, 2004) qui aborde la question d’une manière beaucoup plus romancée et romantique, une maman est venue à une signature pour me remercier en me disant que j’avais sauvé sa fille.            

(1) Éd. Michel de Maule, septembre 2020, 264 pages, 20 €.

ANNONCE :

Je viens de faire une page Facebook. Elle débute à peine, mais vous pouvez assister aux premiers pas de cette débutante… et m’en parler.

Jacqueline Dauxois et Roberto Alagna, 24 septembre et 23 octobre 2020, un roman et un CD

Le 23 octobre 2020, Roberto Alagna sort un CD : Le Chanteur ; un mois avant presque jour pour jour, Jacqueline Dauxois publie un roman : Le Mémorial des Anges oubliés. C’est un hasard, non pour le disque, enregistré cet été, qui paraît à la date prévue, mais le livre, retardé de six mois par la fermeture des librairies pendant le confinement du Covid-19, aurait pu être en librairie n’importe quand. Or, il paraît à la rentrée, précédant le disque de peu.


En cette année d’un désastre culturel sans précédent, beaucoup de livres, retardés pendant des mois par la fermeture des librairies, paraissent enfin.

C’est facile, avec les techniques d’aujourd’hui, d’imprimer un texte rapidement.
Mais tous ces opéras annulés depuis des mois, quand les verra-t-on? Ces machines opératiques formidables, quand pourront-elles se remettre en marche? Est-ce qu’on entendra Fedora, que Roberto devait chanter pour la première fois en juin, à la Scala, cette prise de rôle tant attendue, qui aurait été l’événement de l’année comme celle d’Andrea Chénier l’avait été l’année dernière au Royal Opera House?

Roberto Alagna
en Andrea Chenier, Londres, ROH, 2019

© Jacqueline Dauxois

Voir aussi
Sur Andrea Chenier :

Sur Manon Lescaut :

 https://www.jacquelinedauxois.fr/2020/07/14/manon-lescaut-avec-roberto-alagna-unique-feu-dartifice-covid-2020/(ouvre un nouvel onglet)

Sur La Rondine :

https://www.jacquelinedhttps://www.jacquelinedauxois.fr/2020/04/16/roberto-alagna-dans-la-rondine-2009-au-met/(ouvre un nouvel onglet)

Charlotte Brontë : « L’Hôtel Stancliffe »

AU ROYAUME D’ANGRIA

Elle l’appelait une « novelette », un petit roman. Il date de sa jeunesse, l’époque où les enfants Brontë créaient des mondes imaginaires pour échapper à l’étouffement du presbytère de Haworth et au vide causé par la mort de leur mère. Ce qui les reliait au monde, c’étaient les journaux et les livres, leurs lecteurs aussi, ils étaient fous de Lord Byron.

Ci-dessus : The Duke of Zamorna (détail) par Charlotte Brontë.

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Les Mario de Roberto Alagna dans la légende de « Tosca »

Roberto Alagna en Mario, Metropolitan Opera, 2013.

22 août 2020

MARIO

Combien de fois il l’a chanté, il ne le sait pas, mais depuis le début de sa carrière, Roberto Alagna a été Mario dans plusieurs mises en scènes exceptionnelles. On peut citer :
En 2000, un film, sous la direction de Benoît Jacquot, avec Angela Gheorghui.
À Orange, en 2010, avec Catherine Naglestad, soprano américaine, la mise en scène était signée Nadine Duffaut.
Alors qu’on attend son prochain Mario à l’Opéra de Paris, en mai 2021, avec Aleksandra Kurzak, pour sa prise de rôle de Tosca, le Met, à sa vingt-troisième semaine de retransmissions, a diffusé, le 17 août 2020, le spectacle enregistré le 9 novembre 2013. 

De tous les Mario légendaires de Roberto Alagna, il y en a un qui compte en particulier pour moi, celui du ROH, celui qui a décidé de mon livre, celui que je raconte au chapitre 2 de la saison I de mes « Quatre Saisons avec Roberto Alagna », celui-là, l’Unique entre tous les uniques dont il me semble parfois que je ne sais plus rien :

« L’être irréel, qui vient saluer entre les plis immenses, n’est que sueur, pâleur et tremblements, jambes brisées, lèvres exsangues, bouche desséchée, halètements, blessure. Il s’incline profondément, comme pour toucher ses bottes de son front. Ses cheveux basculés lui cachent le visage… »