Elīna Garanča au Théâtre des Champs-Elysées, le 14 octobre 2019

Elīna Garanča a été Dalila à Vienne et New York pendant la saison dernière avec Roberto Alagna dans le rôle de Samson. Pour la saison prochaine, elle reprend le rôle au Staatsoper de Berlin, sous la direction de Daniel Barenboim, elle retrouve le personnage de la princesse Eboli de Don Carlo, qu’elle chantera en Italien pour la première fois au Bayerische Staatsoper, avant de devenir, au Met, la Marguerite de La Damnation de Faust.

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Le Requiem de Verdi, traduction, analyse et interprétation du 27 septembre 2019, à la Philharmonie de Varsovie

Roberto Alagna, répétition du 25 septembre 2019.

Introduction

 LETTRE DE VARSOVIE

Dans le vol Paris-Varsovie, j’ai traduit le Requiem de Verdi, dans lequel je n’arrivais pas à entrer ; c’est si sensible un mot, peut-être que chacun a besoin des siens sur ce type de texte. La traduction littérale est obscure, qu’est-ce que ça veut dire : « que le porte-étendard saint Michel les introduise dans ta sainte lumière »? Il y a un risque d’obscurité dans ce cas. Il est exact d’évoquer la lumière éternelle, mais c’est une expression abstraite, au contraire, en évoquant une lumière sans déclin, vous avez beau être prévenu puisque « sans » précède « déclin », vous le voyez et il vous illumine, ce soleil d’or rouge qui, au lieu de disparaître derrière l’horizon que vous aimez, reste suspendu au milieu de la voûte céleste pour ne plus jamais se coucher. Donc il y a des passages à éclaircir, des choix à faire et même des ajouts. Traduire Marie, sans ajouter Madeleine, alors qu’il est question de la pécheresse, induit d’autant plus en erreur que Verdi fait entendre des accents d’Ave Maria à ce moment. Cela fait, il reste des expressions rebelles à toute traduction, même s’il existe des traductions. La cadence royale des jumeaux grecs : « Kyrie eleison » et « Christe eleison », sonne avec tant de grandeur qu’on les comprend mieux et avec une autre intelligence si on leur épargne la platitude du Seigneur prends pitié. Traduit-on de l’hébreu « amen » et « hosanna » ?

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Pagliacci avec Roberto Alagna et Aleksandra Kurzak au Deutsche Oper de Berlin

Suite de l’article sur Cavalleria Rusticana

Chapitre 2

PAGLIACCI

1

L’ARRIVÉE DU PETIT CIRQUE DE CANIO

Le corps de Turridu, qui paraissait si vrai quand il tombe à la fin de Cavalleria Rusticana, lorsque Tonio chante le prélude près de lui n’est qu’un vilain mannequin.
Le cheval d’Alfio était un joli camion jaune rieur, très expressif.
Après les applaudissements qui saluent la prestation de Carlos Alvarez, une 15 CV (je crois) fait son entrée.

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Roberto ALAGNA dans CAVALLERIA RUSTICANA au Deutsche Oper de Berlin, septembre 2019

Roberto Alagna a donné trois représentations de Cavalleria Rusticana et Pagliacci au Deutsche Oper de Berlin les 13, 16 et 20 septembre 2019.
Il a été rejoint dans Paillasse par Aleksandra Kurzak, interprète de Nedda.
Les spectacles ont été précédés par deux répétitions : le mardi 10, Pagliaccio, le mercredi 11, Cavalleria Rusticana.

Chapitre 1

CAVALLERIA RUSTICANA

Des loges à la salle, les coulisses sont bordées de statues religieuses que le chœur va conduire sur la scène pour la procession de Pâques et on longe un échafaudage (photo ci-dessous). Au premier plan, l’escalier conduit les chanteurs jusqu’au pont qu’on voit au fond du cliché. Sur ce pont, qui occupe toute la largeur de la scène, Turridu et Lola se jettent dans les bras l’un de l’autre et font l’amour après les Sicilienne.

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A la recherche d’Othello, je trouve le crâne de Sampiero Corso

à Roberto, Ornella et Elio,
le 31 août 2019.

UN REGARD DE BRONZE

Sampiero Corso.

Chaque fois que j’écris le mot condottiere, je vois le Colleone à cheval au-dessus de son énorme socle. Dans ses yeux, flamboie la folie d’Othello qui assassine son amour. Je vais sauter dans le premier avion pour revoir cette foudre dans un regard de bronze (1) déjà, je respire l’odeur de la lagune et le doux clapotis de l’eau les murs qui lèche les murs me bat dans les oreilles. Holà ! Halte là ! (2) , c’est quoi, cette histoire ? Ce condottiere n’est pas le tien ! Faudrait voir qu’il ne le soit pas ! Le tien, c’est Sampiero Corso, aux sources de l’Othello de Shakespeare ! tu étais en train de t’inventer une belle passion et tu prétends revoir le Colleone qui a vécu un siècle avant Sampiero ! Qui n’a pas tué sa femme ! Qui n’a inspiré ni Cinthio ni Shakespeare !!! C’est nul ! C’est nullissime !!! Sauf que le génie de Verrocchio a fait du Colleone l’incarnation du condottiere de tous les temps et donc de Sampiero ! Hypocrite ! Il n’y a qu’une bonne raison pour te précipiter à Venise pendant la pire saison, c’est que La Fenice est ouverte au mois d’août. Oui, et alors?

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ALCHIMIA de Patricia Petibon au 70 e Festival de musique de Menton

Teint de porcelaine poudré de lune, paupières scintillantes d’une poussière d’étoiles, cheveux incandescents torsadés dans un bandeau couronnant son front pâle, Patricia Petibon s’approche du piano sur le parvis de Saint-Michel-Archange dans une longue robe de satin et dentelles d’un rose qui hésite entre saumon et corail et la moule dans un écrin intemporel.

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Roberto Alagna, Aleksandra Kurzak : Le Concert de Paris, 14 juillet 2019

Ténor super star, Roberto Alagna a fait exploser l’audimat du super show de la musque classique, le soir du 14 juillet 2019 où plus de cinq cents mille personnes se pressaient sur l’esplanade du Champ-de Mars, brandissant des drapeaux tricolores et les petites lumières de leurs portables, pendant que trois millions deux cents mille spectateurs rien qu’en France suivaient le spectacle sur leur écran télé.

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