Retransmission, le 24 juin 2020, du « Samson et Dalila » de Roberto Alagna et Elīna Garanča, enregistrés le 20 octobre 2018

Les retransmissionsCovid du Metropolitan

Le 24 juin 2020.

En juin 2020, Orange aurait dû préparer le troisième Samson de Roberto Alagna pour le 10 juillet. Sans Elīna Garanča, mais mis en scène par Jean-Louis Grinda, ce qui permettait d’espérer le meilleur. À cause du covid-19, le spectacle est reporté à l’année prochaine. Le 24 juin 2020, le Met a retransmis le spectacle enregistré le 20 octobre 2018.

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Photographier Alagna ou la retransmission en 2020 de l’Otello de Vienne de 2018

Le 19 juin 2020

RetransmissionCovid de l’Opéra de Vienne

ARGENTIQUE NUMÉRIQUE


L’argentique, c’était le temps des tirages dans la salle de bains, du noir et blanc le plus souvent, pour chercher la pure beauté. Le numérique, qui a fait des progrès, n’a pas retrouvé cette qualité.
Malgré tout, c’est difficile de rater Alagna.
Quelques-uns y parviennent ; bien qu’armés jusqu’aux yeux de tout ce que la  technique a de plus sophistiqué, ils le loupent, alors que des appareils tout juste bons à illustrer les dimanches des familles, trouvent sur lui l’âme de ses héros.
Alors ?

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Quand Andrea Chenier soufflait les bougies d’Alagna, 7 juin 2019 -7 juin 2020

7 JUIN 2019 – 7 JUIN 2020

C’était il y a un an, le 7 juin 2019, Andrea Chénier soufflait les bougies d’anniversaire de Roberto Alagna, cela semble à des années lumières.
Aujourd’hui, comme tous ceux qui ont été happés par un art qui est devenu leur raison de vivre, le ténor se retrouve pire qu’enchaîné, bâillonné.

En scène.


Depuis trois mois on ne l’a pas vu, pas entendu. Il y a eu de petites distractions musicales, si ce n’est pas tout à fait rien, ce n’est pas grand chose. Mais l’art, dans sa grandeur, sa vérité et son mystère, l’art qu’on a vu culminer, il y a un an, avec Andrea Chenier, on ne l’a plus. Le manque est dramatique car nous sommes gavés de reproductions, mais c’est de l’art vivant que nous sommes privés, alors que l’année dernière, le 7 juin exactement…

C’était à Londres.
Le soir de son anniversaire, il a bouleversé l’interprétation traditionnelle et son Chénier transfiguré s’incarnait enfin tel que ne pouvait pas ne pas être le plus grand poète français de son temps, arbitrairement jeté en prison et guillotiné. Alagna a donné au chant du poète, dans sa dénonciation des crimes aveugles, sa passion d’amour, son défi à la mort, la force et la douceur qui sont sa marque. Qu’il ait connu par cœur la vie et l’œuvre de Chénier ou qu’il ait recrée le personnage de l’intérieur, il l’avait comme toujours abordé non pas en interprète mais en créateur pour en faire un flambeau de vérité.

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CARMEN à la folie, retransmission 2020

CARMEN À LA FOLIE

Le 16 mars 2020, le Metropolitan a démarré sa série de retransmissions gratuites de l’un des opéras les plus célèbres au monde dans une interprétation légendaire de Roberto Alagna et Elīna Garanča, époustouflants dans la mise en scène de sir Richard Eyre, enregistrée le 16 janvier 2010.
Selon le rite du Met, qui change sa rediffusion chaque jour, cette Carmen a été visible pendant 20 heures d’affilée.

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Roberto Alagna dans « La Rondine », 2009 au Met

Mercredi 15 avril 2020

Les retransmissionsCovid du Metropolitan


Le 15 avril 2020, Le Metropolitan donne, en streaming gratuit, La Rondine. Depuis Don Carlo, où ils s’étaient affolés pour rien, les écrans ont compris qu’on avait juste oublié de leur préciser que 7h30, c’était l’heure de New York – en France, 3h du matin.
Sans la présence de Roberto Alagna, on se demande où le spectacle trouverait son éclat.
La captation, plus attirée par les fabuleuses coulisses du Met que par une transposition sans lyrisme et désordonnée du second Empire aux années folles, se laisse inspirer par le décor de la verrière du troisième acte et les deux duos de la fin où Roberto Alagna est prodigieux.

L’Hirondelle

La Rondine, c’est l’hirondelle. Il en existe trois versions, sa composition ayant été perturbée par la grande Guerre, la Première.
Ce n’est pas l’opéra le plus connu de Puccini. On lui fait des reproches, on l’accuse de légèreté, on le compare, on le dénigre, on prononce à mi-voix le mot d’opérette, mais cela peut-être très joli, une opérette, si elle est composée par Puccini ; et si Roberto Alagna prête ses traits et sa voix à Ruggero, cela devient si beau et déchirant que le dernier duo est un bond dans la tragédie.

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2010/2020 du spectacle à la captation le « Don Carlo » du Met avec Roberto Alagna

Roberto Alagna en don Carlo, Metropolitan, 2010.

Le 2 avril 2020, à 7 h 30 pm, les écrans qui attendaient la retransmission du Metropolitan ont paniqué. Ils espéraient le Don Carlos de Roberto Alagna dans la mise en scène de Nicholas Hytner (2010), on leur montrait Nixon in China avec une obstination d’autant plus vaine que ceux qui avaient voulu y assister s’étaient connectés la veille et que le 2, ceux qui espéraient Don Carlo quittaient en hâte ce Nixon-là, qui est très bon peut-être, je ne sais.

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Retransmission du MET, le « Don Carlo » d’Alagna en 2010

RetransmissionCovid

Entre le Don Carlos du Châtelet, en 1996 et le Don Carlo 2019 donné à l’Opéra de Paris, s’intercale celui du Met en 2010.

À gauche, au Châtelet, 1996 ; à droite à l’Opéra de Paris, en 2019.

C’est ce spectacle, enregistré le 11 novembre 2010 (dans la version en 5 actes qui dure 4h1/2 et le temps paraît court) que propose le Met, le 2 avril 2020, pour sa troisième semaine de rediffusion gratuite suite au coronavirus -, après une semaine entière consacrée à Wagner.

Au Metropolitan, en 2010.


Roberto Alagna y est, comme toujours, superbe, entouré par une distribution éblouissante (voir annexe), habillé de costumes aussi beaux que ceux du Châtelets, plus soucieux de vérité historique que du flamboiement de l’imagination, mais si indiscutablement réussis qu’Alagna semble s’être échappé d’une salle espagnole du Kunsthistoriches Museum.
Dans son incarnation ardente, chaque fois ardente, au Met, pas plus qu’au Châtelet Alagna ne s’est trouvé confronté à d’incessants contre-sens et le spectacle, bien que d’une conception beaucoup plus littérale que celui du Châtelet, ne peut qu’emporter l’adhésion d’un public fatigué par les invraisemblances, le mépris des œuvres et de leur signification, la laideur.

Novembre 2019, à l’Opéra de Paris.

C’est à l’automne 2014 que j’ai vu Roberto Alagna répéter Don Carlo pour la première fois. À Vienne, dans le studio Carlos Kleiber.

Vienne 2014 : Roberto Alagna et Alain Altinoglu.

Dans ce même studio, il a répété Turandot le mois dernier, c’est le dernier spectacle qu’il a chanté avant les annulations mondiales.


Dans « Quatre Saisons avec Roberto Alagna » (Éditions Le Rocher, 2017) j’avais raconté les répétitions viennoises.
Quelques mois plus tôt, il avait accepté que j’écrive un livre sur lui. Voici le début du chapitre, en attendant la retransmission de jeudi 2 avril.

© Jacqueline Dauxois

Note : La photo d’Alagna au Met a été extraite de la captation du Met, à qui appartiennent les droits d’auteur. Elle ne doit pas m’être attribuée.

Ci-dessous le programme des rediffusions du Met pour la troisième semaine:

En différé de New York et Paris deux « Carmen » légendaires de Roberto Alagna

Paris, 2017.

DANS LE MONDE CONFINÉ, LA MUSIQUE LIBÉRÉE


À la suite de la Corée du Sud, qui avait refusé le confinement, l’Angleterre et les Pays-Bas le refusent à leur tour tandis qu’en France les mesures se durcissent.
Hier, dimanche 23 mars 2021, sur la Côte, où on a instauré un couvre-feu, un drone surveille la Promenade des Anglais, tandis qu’à Montmartre des policiers à cheval arpentent le marché de la rue des Abbesses. Nous sommes les habitants de villes mortes plongées dans le silence.
Mais le soir, dans le XIème, où vécut Georges Thill, un ténor ouvre ses fenêtres et chante pour ses voisins et des orchestres utilisent le système des vidéos conférences pour continuer de jouer.

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Turandot 2020 à l’Opéra de Vienne : Alagna, Puccini ou Calaf

LES TROIS CALAF DE ROBERTO ALAGNA

De Caruso à Puccini

Il était Caruso au Théâtre des Champs-Elysées à Paris il y a trois semaines à peine. On s’imaginait le retrouver en Calaf à Vienne. C’est Puccini qui surgit sur les planches du Staatsoper (1). Héros de la double incarnation de cette Turandot, Roberto Alagna n’en est que plus troublant quand il retrouve, dans un miroir qui renvoie de l’image du compositeur à celle de l’interprète, au Prince Inconnu de la légende chinoise.

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